Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu’un simple mythe

 

Chapitre 30 : Discussions et premiers problèmes.

 

         En ce dimanche matin, Lily fut réveillée par un sentiment de vide à ses côtés. Elle laissa échapper un murmure déçu, mais s’assit dans le lit, faisant glisser le drap qui recouvrait jusque là ses épaules nues. Quasiment au même instant, la porte de la salle de bain s’ouvrit sur son petit-ami qui, bien qu’ayant enfilé son jean, était torse nu.

 

         «- Eh, salut, ma belle endormie… ! s’exclama-t-il en constatant qu’elle était réveillée et en s’approchant d’elle, un large sourire aux lèvres. Ca fait longtemps que tu es réveillée ?

 

          - Non… ! Mais je dois dire que j’étais déçue de me réveiller toute seule… ! » murmura-t-elle.

 

         Il sourit, et, s’asseyant au bord du lit, il passa une main dans ses cheveux auburn avec tendresse avant de se pencher vers elle pour l’embrasser brièvement.

 

         «- Ce n’était pas dans mon intention, ma Lily jolie, mais comme il était près de neuf heures… !

 

          - Quelle heure est-il ? s’étonna-t-elle.

 

          - dix heures passées… !

 

          - Mais…, tu ne pouvais pas me réveiller ?

 

          - Je n’en avais pas le cœur… ! Alors, bien dormi ?

 

          - Avec toi, toujours ! » répondit-elle en souriant, avant de l’embrasser à nouveau.

 

         Tous deux, comme lors des week-end précédents, avaient trouvés refuge dans les quartiers privés de Godric Gryffondor, ou pour être plus précis, dans la chambre attenante où tout, respirait l’opulence et la somptuosité, malgré ses proportions plus que modestes… et où, également, le rouge et l’or dominait. Si, au début, elle avait eut quelques scrupules à quitter son dortoir, même pour une nuit, laissant ainsi les chatons à la garde de ses deux amies, elle ne regrettait pas ces quelques nuits où elle pouvait se retrouver seule avec son petit-ami. Dès qu’elle se trouvait enfin seule avec lui, le reste était toujours relégué au second plan.

 

         Elle esquissa un sourire tout en passant la main dans les cheveux en bataille et encore humide de son petit-ami.

 

         «- Je ne comprends toujours pas comment tu fais… ! commenta-t-elle. Même mouillés tes cheveux restent comme à l’accoutumé… !

 

          - Et bien, je n’en sais pas plus que toi… ! rétorqua le concerné. Ma mère avait, pourtant, tout essayée…, même en les coupant, ils reviennent à l’état normal dès le lendemain… ! »

 

         Lily se contenta de sourire et, se rapprochant un peu plus de son petit-ami, effleura son torse du bout des doigts, le sentant frémir à ce contact.

 

         « Lils, je… ! »

 

         Elle l’interrompit en l’embrassant passionnément, ramenant ses mains autour du cou du Maraudeur, alors qu’elle l’entraînait au dessus d’elle.

 

         « Si j’avais sû, je n’aurai pas pris la peine de commencer à me rhabiller ! » plaisanta-t-il entre deux baisers.

 

* * * * *

 

         «- On devrait peut-être se décider à rejoindre les autres… ! commenta James, alors que Lily, blottit dans son étreinte, redessinait du bout des doigts la cicatrice qu’il avait sur le bras. Je veux dire, d’accord, on est dimanche…, mais elle ne gagne pas un peu trop en longueur cette grâce matinée… ?

 

          - Seuls nos amis savent que nous ne sommes pas vraiment dans notre dortoir respectif…, et ils ne diront rien…, surtout à présent que Sirius est…occupé… ! » objecta la jeune fille en venant se lover paresseusement contre lui.

 

         James sourit.

 

         « Eh bien, décidément, j’ai une mauvaise influence sur toi… ! Quand je pense qu’il n’y pas encore pas si longtemps, tu t’inquiétais à la perspective que quelqu’un puisse se rendre compte de nos… activités…, voilà que, maintenant… ! »

 

         En réponse, Lily se déplaça et l’embrassa, taquine, sur le nez.

 

         « Tout change… ! » commenta-t-elle simplement.

 

         Elle se serra à nouveau contre lui, pensive.

 

         «- “Mon unique amour a jaillit de mon unique haine” ! murmura-t-elle, au bout d’un moment.

 

          - Tu sais, on ne peut pas comparer l’animosité qu’il y avait entre nous à la haine qui s’était établie entre les Montaigu et les Capulet… ! commenta James, amusé. Et puis, c’étaient leurs familles qui se détestaient…, pas eux… !

 

          - Peut-être… ! Mais, ce que je veux dire…, c’est qu’il ne serait jamais venu à l’idée qu’elle pourrai aimer Roméo…, tout comme, je n’aurai jamais pensé t’aimer…, toi… ! »

 

         James sourit, et l’embrassa sur le front, tout en passant la main dans les cheveux auburn de la jeune fille.

 

         « Sur ces propos très philosophiques, si on se levait ? »

 

* * * * *

 

         La salle commune était on ne peut plus calme, lorsque le couple, main dans la main pénétra dans la salle commune, un peu avant midi. Quelques élèves de première année échangeaient des cartes de Chocogrenouille dans un coin de la pièce, deux de troisième année faisaient leurs devoirs près de la cheminée et Remus discutait avec Elsa.

 

         «- Oh, voilà nos deux marmottes… ! se moqua cette dernière en les apercevant.

 

          - On pourrai savoir où vous disparaissez, tous les week-end depuis trois semaines ? s’enquit Remus, amusé.

 

          - Non…, ça pourrait donner des idées à Sirius sinon… ! répliqua, en souriant, James, tout en s’installant dans un fauteuil, Lily venant s’installer sur ses genoux. D’ailleurs, à ce propos, où sont-ils tous passés ?

 

          - Euh, et bien, Peter est à la Bibliothèque… ! commença Remus.

 

          - Je me demande bien d’où lui vient ce soudain engouement pour la lecture… ! l’interrompit James. Je veux dire, s’il est vrai qu’il passait déjà pas mal de temps à lire des bouquins de la Bibliothèque, il passe à présent pratiquement tout son temps libre là-bas… !

 

          - Je n’en sais pas plus que toi sur ce point… ! soupira Remus. En fait, depuis le début de l’année, il a un comportement étrange… !

 

          - Sinon, Amy surveille les chatons et Sirius lui tient compagnie… ! reprit Elsa qui ne semblait pas trop d’humeur à s’attarder sur le “cas Peter”.

 

          - Tu parles d’une surveillance… ! se moqua James. A mon avis, c’est surtout Neige qui doit surveiller ses chatons ET Sirius et Amy, à l’heure qu’il est… !

 

          - Probable…, surtout connaissant Sirius… ! acquiesça Elsa, en levant les yeux au ciel d’un air entendu.

 

          - Donc, si je comprend bien, notre dortoir nous est interdit d’accès ? soupira Lily, à l’adresse de son amie.

 

          - J’en ai bien peur… ! confirma cette dernière.

 

          - Et…où est Harry ? la coupa James.

 

          - Il dort… !

 

          - Vraiment ? s’étonna James, interloqué. Ca ne lui ressemble pas de faire la grasse matinée pourtant…, il est toujours l’un des premiers à se lever… !

 

          - Il semblerait qu’il n’ait pas fermé l’œil de la nuit… ! observa Remus. Je l’ai entendu sortir du dortoir vers vingt-trois heures et il est revenu vers sept heures… ! J’était déjà réveillé à ce moment-là…, mais il n’avait pas vraiment l’air bien… !

 

          - Tu crois qu’il a un problème ?

 

          - C’est bien possible… ! concéda Remus. Mais, tout comme Peter, il refuse de parler de ses préoccupations… ! »

 

         Lily leva les yeux vers le Maraudeur contre lequel elle était installée et fut surprise par l’air soucieux qu’il afficha l’espace d’une seconde avant de se reprendre. Un instant de silence s’instaura, mais Lily se décida à aborder un autre sujet.

 

         «- Au fait, Elsa, les chatons ne vous ont pas posés trop de problèmes hier soir ?

 

          - Oh non… ! assura-t-elle. En dehors du fait que, vers dix heures, l’orangé, est, encore une fois, tombée de la caisse… ! Je me demande vraiment comment il s’y prend… ! D’ailleurs, je trouve qu’il a vraiment une étrange démarche… ! A part ça, tout est en ordre avec eux ! »

 

* * * * *

 

         Harry, allongé sur le dos, les bras derrière la tête, ne dormait pas plus qu’il ne l’avait fait croire à Remus quelques heures plus tôt… ! En fait, il réfléchissait aux évènements de la veille au soir…

 

* * * * * *

 

<flash back>

 

         Comme souvent depuis quelques temps, Harry ne dormait pas, se contentant de garder les yeux ouverts, assis sur son lit en silence, dans l’obscurité du dortoir, les sens en éveil. Et c’est ainsi qu’il avait entendu quelqu’un traverser le dortoir puis quitter la pièce. Peter avait, une fois de plus, quitté les lieux… (et cela faisait plusieurs semaines que ce petit manège du quatrième Maraudeur persistait) mais, cette fois, Harry était, prêt… Il sortit la cape d’invisibilité (et, par la même occasion, sa version de la Carte des Maraudeurs) de sous son oreiller, s’en enveloppa et s’élança, discrètement, à la suite du rat…, qu’il aperçut vaguement, en atteignant la Salle Commune déserte, alors que Pettigrow franchissait le portrait de la Grosse Dame.

 

         Harry n’hésita pas un instant, déterminé à savoir où se rendait le Gryffondor et pourquoi… ! Avec un peu de chance, il pourrait même découvrir qui était la Taupe et les prochains plans de Voldemort…, mais, pour cela, il ne devait surtout pas perdre Peter de vue… !

 

         « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ! » souffla-t-il, tout en courant à travers la pièce, pour pousser, à son tour, le portrait qui barrait l’accès à la Salle Commune de Gryffondor.

 

         Entre temps, le plan de Poudlard s’était matérialisé, au plus grand soulagement de Harry, sur le vieux parchemin…, ce qui lui permis de repérer un petit point brun, au nom de Peter Pettigrow…

 

         « Il doit se servir de sa forme d’Animagus…, pour passer inaperçu… ! » songea Harry, tout en reprenant sa course, dans les couloirs heureusement vides, du château.

 

         Chemin faisant, il aperçu alors quelque chose qui lui arracha un sourire mauvais.

 

         « Oh, mais c’est Gaïa… ! » ricana-t-il en apercevant un point gris et noir qui se rapprochait dangereusement de celui de Peter.

 

         Harry ne chercha même pas à savoir que le félin tigré faisait hors du dortoir des garçons, obnubilé par le fait que si, comme il le pensait, Queudver était de sortit, le rongeur risquait d’avoir quelques petits problèmes…

 

         Ne quittant pas la Carte des yeux, Harry atteignit le couloir où s’était soudain arrêté Pettigrow…, juste à temps pour voir ce dernier émerger au beau milieu du couloir.

 

         «- Sale bête, tu as faillit m’avoir… ! marmonna le Maraudeur, en sortant sa baguette de sa poche.

 

          - Idiot ! songea Harry. Même moi je sais que ce chat est protégé des sorts sensés neutraliser un quelconque individu ! »

 

         Et, effectivement, le sort de Stupéfixion que lança Peter dévia du chat, manquant de peu Harry qui, par le plus grand des hasards, se trouvait sur la trajectoire du sort.

 

         « Va te faire voir, Gaïa… ! » siffla Peter, ramenant Harry à la réalité, tout en donnant un coup de pied en direction du chat qui l’évita souplement et miaula férocement, le dos rond et les poils hérissés, sous le regard amusé de Harry.

 

         Mais Peter était déjà repartit, sur sa forme humaine, aussitôt suivit, à quelques distances, par Harry.

 

         « Merci, Gaïa… ! » souffla ce dernier, passant à la hauteur du chat qui se détendit presque aussitôt.

 

         Cette fois, Pettigrow, semblant préférer conserver sa forme humaine, avançait plus lentement, visiblement sur ses gardes, s’arrêtant régulièrement pour jeter un regard méfiant autour de lui. En cet instant, Harry ne pû s’empêcher de remercier silencieusement James d’avoir prit la Carte du Maraudeur avec lui (lorsque, deux semaines plus tôt, les Maraudeurs avaient envisagés de perfectionner leur Carte, James, couvrant ainsi Harry, avait proposé de la prendre sur lui, et ainsi éviter que les autres ne découvrent le véritable nom de Harry qui, était, bien sûr, apparu sur le parchemin lorsque Sirius avait soumis la carte à un sortilège d’identification plus poussé qui révélait ainsi le prénom et le nom de chacun). Ils atteignirent, ainsi, la porte de la Bibliothèque…, devant laquelle se tenait une personne que Harry tarda quelque peu à identifier, du fait qu’il se tenait dans l’ombre d’une armure proche, le capuchon de sa cape remontée.

 

         «- Pas trop tôt… ! grogna ce dernier. Tu n’as pas été suivis ?

 

          - Bien sûr que non ! Mais, désolé pour le retard, j’ai eu un petit contre-temps… ! protesta, à voix basse, Peter.

 

          - Les autres sont déjà descendus… ! le coupa, sèchement, celui qui l’attendait. Allez, suis-moi ! »

 

         Disant cela, il apparut dans le couloir obscure, à quelques pas de Harry qui eut le temps d’apercevoir l’écusson vert et argent qui ornait la cape du sorcier, alors que son identité lui venait à l’esprit…

 

         « Nott… ! » pensa-t-il, alors que ce dernier se glissait dans la Bibliothèque pénombrée, suivit par Pettigrow qui referma la porte derrière lui.

 

         Harry jura entre ses dents, n’étant pas passé loin de se prendre la porte dans la figure, tout en essayant d’abaisser la poignée du battant qui refusa de s’ouvrir. Mais il se reprit aussitôt et sortit sa baguette de sa poche, bien décidé à contrer le fait que les deux apprentis Mangemorts avaient verrouillés, magiquement, la porte.

 

         « Alohomora ! »

 

         L’un des battants s’écarta, silencieusement, dans un léger déclic, offrant à l’adolescent assez de place pour se glisser dans l’entrebâillement. Entendant des éclats de voix quelque part à l’autre bout de la pièce, derrière des rangées d’étagères, Harry se précipita dans cette direction…, bien décidé à ne pas perdre de vue les deux autres…. Mais, dans sa précipitation, il se prit un pied dans une chaise proche et perdit l’équilibre, se rattrapant de justesse à l’un des rayonnages, se retenant de pester à propos des chaises mal rangées.

 

         «- Espèce de crétin, tu as été suivit… ! souffla alors la voix de Nott, un peu plus loin.

 

          - Mais… ?

 

          - Pas le temps… ! Rentre dans le passage, vite… ! »

 

         Harry se rua dans cette direction… pour trouver les lieux déserts… aucune trace du Serpentard et du quatrième Maraudeur… Intrigué, Harry reporta son attention sur la Carte du Maraudeur…, mais rien…

 

         C’était comme si les deux élèves s’étaient volatilisés dans la nature.

 

         « Mince… ! grommela Harry. Un passage secret que les Maraudeurs ne devaient pas connaître… ! »

 

         Il passa ainsi, le reste de la nuit à chercher un éventuel détail qui trahirait la présence d’un quelconque passage…, en vain. Lorsqu’il se décida à rejoindre la Tour de Gryffondor, vers sept heures du matin, éreinté et agacé, il eut la surprise d’y découvrir Remus (qui était déjà levé) en grande conversation avec… Peter… Ayant enlevé la cape avant d’atteindre le portrait de la Grosse Dame, Harry n’avait pas pû éviter les deux Maraudeurs mais s’était hâté de battre en retraite en prétextant qu’il allait dormir.

 

<Fin du flash-back>

 

* * * * *

 

         Mais par où le rat était-il donc passé ? Harry aurait tout donné, en cet instant, pour le savoir.

 

         Il sortit de ses réflexions en entendant la porte du dortoir s’ouvrir.

 

         « Harry ? »

 

         L’intéressé tressaillit, mais garda le silence. Il n’avait pas envie de parler à qui que ce soit…, et encore moins à James.

 

         « Je sais que tu ne dors pas… ! insista ce dernier. J’en ferai autant à ta place ! »

 

         Harry persista dans son mutisme, et se déplaça, discrètement sur son lit, de sorte à être dos à l’ouverture des rideaux de son lit qu’il avait tiré quelques heures auparavant. Mais, ceux-ci s’écartèrent peu après et James se glissa dans l’ouverture. Il garda cependant le silence. Un long moment s’écoula ainsi.

 

         «- Bon, tant pis, j’allais te proposer d’aller voler un peu tout les deux dans le stade de Quidditch, mais… ! commenta, finalement, James.

 

          - C’est ça… ! rétorqua Harry, sarcastique.

 

          - Tiens, tu vois que tu ne dormais pas… ! répliqua James, visiblement satisfait.

 

          - Très drôle ! » ironisa Harry en se retournant vers lui et en se rasseyant sur son lit.

 

         James esquissa un sourire.

 

         «- Râleur… ! lança-t-il.

 

          - La faute à qui ? » cingla Harry, sur un ton plus léger.

 

         James tira la langue en réponse.

 

         «- Bon, alors, maintenant que tu es…“réveillé”, on va se faire une petite séance de vol, alors, ou pas ? Rien que Sirius, toi et moi… ! proposa-t-il.

 

          - Ouais, pourquoi pas ? » accepta Harry.

 

* * * * *

 

         Deux jours s’étaient écoulés, relativement tranquilles, en dehors d’une bataille de potion de “collàtout” durant le cours de Potion de la veille, à la suite d’une altercation entre les “Langues de Vipère” et les Maraudeurs, après que, Rogue ait malencontreusement laissé échapper un propos quelques peu déplacés durant le cours, alors que le professeur Krayak sermonnait Peter, à propos de “cette Sang-de-Bourbe qui ne peux pas s’empêcher de se mêler des affaires des autres” alors que Lily prenait la défense de Peter (nda : laisse tomber, Lily, ça en vaut pas la peine). Ce qui, bien sûr, n’avait pas plus à James qui se trouvait un peu plus loin, en compagnie de Harry, et qui avait répliqué en lui envoyant le contenu d’une louche remplie de la potion qu’ils préparaient…, mais qui avait touché Nott…, et, par une réaction en chaîne, toute la classe s’était retrouvée rapidement prise dans la bataille…, ce qui avait valut (lorsque Krayak avait réussit à mettre fin à la pagaille en administrant un antidote à tous ceux qui avaient été touchés par la potion et étaient collés à leur table, leur chaise, un mur, bref tout ce qui se trouvait à proximité. (Cooper s’était même retrouvée collée à son chaudron (qui était placé sur un feu, ce qui rendait le récipient on ne peut plus brûlant)) cinquante points de moins à Gryffondor.

 

* * * * *

 

         Ce soir-là, Lily fut réveillée par les miaulements plaintifs des chatons qui étaient installés dans une caisse, sous son lit (elle avait, d’ailleurs, insonorisé son lit de telle façon que, tant que les rideaux étaient tirés, elle soit la seule à entendre les petits, pour ne pas réveiller ses amies). Ne tardant pas à comprendre la raison de cet état de crise (Neige était absente et les petits semblaient avoir faim), elle passa sa robe de chambre et quitta discrètement la pièce, pour aller chercher la chatte. Mais, lorsqu’elle arriva dans la Salle Commune, elle eut la surprise d’y découvrir que le félin blanc se trouvait près de la cheminée, sur les genoux de Harry qui dormait dans un des fauteuils.

 

         Amusée, la jeune fille s’approcha du garçon et de l’animal qui, d’ailleurs, se réveilla presque aussitôt et ronronna en apercevant sa propriétaire. Celle-ci esquissa un bref sourire et allait enlever, précautionneusement, le chat des genoux de l’adolescent lorsqu’elle remarqua quelque chose… La chaîne en or que Harry portait autour du cou…, mais surtout la petite médaille qui y était fixée…et qui scintillait par moment, à la lueur du feu qui brûlait dans l’âtre. Elle avait déjà eu l’occasion de l’entrapercevoir, à plusieurs reprises, mais cette médaille l’intriguait, du fait qu’elle avait la très nette impression que Harry faisait tout pour la cacher autant que possible aux yeux des autres.

 

         Une médaille qu’elle avait déjà vu…, une médaille unique en son genre…

 

         « On dirait… ! » souffla-t-elle, stupéfaite.

 

         Interloquée, tenant son chat contre elle d’une main, et prenant soin de ne pas réveiller Harry, elle prit discrètement la médaille pour l’observer de plus près. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, alors qu’elle étudiait chaque détail du petit objet…

 

Pas de doute, elle ressemblait, à s’y méprendre, à celle de James… La même couleur rouge et or, le même lion gravé dessus, la même inscription…

 

         Elle fronça les sourcils. James et Harry avaient exactement la même médaille… Mais, si cet objet était unique et constituait ainsi un héritage irréfutable au sein de la lignée de Gryffondor… ?

 

         Elle étouffa une exclamation stupéfaite et elle s’écarta brusquement de l’adolescent, le fixant à distance, les yeux écarquillés, sans se soucier plus longtemps de Neige qui avait quitté les bras de sa maîtresse pour filer dans l’escalier menant aux dortoirs des filles.

 

         Harry et James avaient la même médaille… Alors, si James était un héritier de Gryffondor…, cela voulait donc dire que Harry en était un aussi… ! Mais si cet objet se transmettait de génération en génération…, comment se pouvait-il que… ? Une idée un peu folle lui traversa l’esprit.

 

         « C’est impossible… mais… ! murmura-t-elle. Pourtant…, et si c’était vrai…, si Harry ne venait pas vraiment d’Australie…, mais d’une autre époque… alors… ! Après tout, peut-être que, dans le futur, quelqu’un inventera un moyen de voyager dans le temps… ? Pourquoi pas… ! En tout cas, si c’est vrai, ça expliquerait bien des choses… ! Mais, dans ce cas,… ! »

 

         Son cœur battait à présent la chamade dans sa poitrine, alors qu’elle réfléchissait et qu’elle en venait à une conclusion assez étrange.

 

         « Alors…James et Harry seraient de la même famille… ! » songea-t-elle, interloquée.

 

* * * * *

 

         Quatre jours s’étaient écoulés depuis cette découverte. Quatre jours durant lesquels, cette conclusion n’avait cessée de la tracasser, à un point tel qu’elle suivait les cours d’une oreille distraite et qu’elle passait, désormais, tout son temps libre à la Bibliothèque, à faire des recherches et à éviter de rencontrer le regard de James et de Harry… Elle craignait la réponse des questions qui la rongeaient depuis qu’elle avait découvert la médaille de Harry… D’autant plus qu’elle avait réalisé que James et Harry étaient peut-être plus que des membres d’une même famille… ! Après tout, James lui avait parlé de ce qui s’était passé lorsqu’ils avaient été enlevés par Voldemort… ! Elle avait eu la très nette impression qu’il lui cachait quelque chose, mais il avait insisté sur le fait que Harry avait fait preuve d’une arrogance et d’une insolence sans pareille face au mage noir… ! C’était ce détail qui intriguait Lily…, c’était comme si Harry avait déjà été confronté à Voldemort…, comme s’il savait comment lui tenir tête…

 

         Dans ce cas, Harry devait être d’une génération proche de celle de James… Mais se pouvait-il, alors que Harry soit le fils de James… ? Cette pensée la faisait frémir. Le fils de James…, mais, dans ce cas, qui serait la mère… ? Néanmoins, Harry, à part par quelques détails, ne ressemblaient pas vraiment au Maraudeur… ! Mais, d’un autre côté, s’il mentait sur son nom de famille, il pouvait très bien mentir aussi sur son apparence…

 

         Et c’est ainsi que, incapable de supporter ces inquiétudes plus longtemps, Lily, prenant son courage à deux mains, se décida à aller voir la seule personne qui pourrait lui répondre…Harry, lui-même.

 

         Elle regagna donc la tour de Gryffondor et aperçu aussitôt les garçons de septième année, rassemblés dans un coin de la Salle Commune, James et Remus jouant aux échecs sous le regard de Harry, Sirius, Elsa, Peter et Amy. Celle-ci sourit en l’apercevant.

 

         « Eh, Lily, on se décide enfin à se joindre à nous ? » lança-t-elle, les autres cessant aussitôt leurs activités pour lever les yeux vers elle.

 

         La Préfète-en-Chef, un peu mal à l’aise, évita soigneusement leur regard.

 

         «- Euh, Harry, je pourrai te parler un instant…, seuls ? demanda-t-elle, finalement.

 

          - Bien sûr ! accepta le concerné, visiblement intrigué, en se levant du fauteuil où il s’était installé jusqu’à présent et en échangeant un bref regard avec James qui avait haussé les sourcils. Je reviens ! » ajouta-t-il, à l’adresse de ses camarades, avant de suivre Lily qui le mena hors du château.

 

* * * * *

 

         Tous deux traversèrent le parc, jusqu’au lac, où tous deux restèrent un long moment silencieux.

 

         «- Et bien, qu’est-ce qui t’arrive ? demanda, finalement, Harry, en la fixant attentivement. On dirait qu’il y a quelque chose qui te préoccupe !

 

           - Euh… et bien… ! Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »

 

         Harry sourit.

 

         « Tu n’aurai pas demandé à me voir, seul, pour me parler de la pluie et du beau temps… ! »

 

         Lily rougie légèrement.

 

         « Alors, qu’est-ce qui te tracasse… ? Vu que je suppose que c’est de ça dont tu voulais me parler ! »

 

         Elle rougie un peu plus, visiblement mal à l’aise.

 

         «- Ben, c’est que je ne sais pas comment dire ça… !

 

 - Alors, ça, c’est une première… ! plaisanta, gentiment, Harry. Mais prends ton temps, je ne suis pas pressé… ! »

 

         Lily eut un léger sourire, jeta un regard pensif sur le lac et inspira profondément.

 

         «- Ma question va peut-être te surprendre mais… ! commença-t-elle, avant de grimacer, sans oser le regarder. Tu ne t’appelles pas vraiment Harry Calaway, hein… ?

 

          - Et bien…, non ! » répondit, simplement Harry, les yeux dans le vague.

 

         Lily, surprise qu’il avoue si facilement, hésita un moment, puis se jeta à l’eau.

 

         « Tu…tu es le fils de James, n’est-ce pas ? »

 

         Harry resta un moment silencieux, perdu dans ses pensées, puis reprit la parole, sans la regarder.

 

         «- Qu’est-ce qui te fais dire ça ?

 

          - Vos médailles… ! Ou plutôt, je dirai votre médaille… ! Je sais que c’est un secret de famille…, que vous êtes des héritiers de Gryffondor…, et qu’il n’existe qu’une seule médaille… !

 

          - Où as-tu trouvé tout ça, vu que je suppose que… James ne t’a pas tout dit sur le sujet… !

 

          - Non… ! admit-elle. J’ai découvert sa médaille par… hasard ! » commença-t-elle, en rougissant à nouveau.

 

         Harry lui adressa un regard en coin et esquissa un léger sourire, comprenant le sous-entendu, mais la laissa continuer.

 

         «- On va dire que je suis allée à la Bibliothèque…, histoire de changer un peu ! Quelque chose chez toi m’avait intriguée…, dès le début ! Et le fait de découvrir cette médaille que vous portiez, tous les deux a été, en quelque sorte, l’élément déclencheur ! J’en ai passé du temps là-bas, à y réfléchir… ! expliqua-t-elle avec un léger rire. Mais j’ai fini par trouver ma réponse, dans un vieux livre… ! Et à obtenir quelques informations de plus grâce à James. Au début, je refusais d’y croire… ! Mais tout coïncidait ! Votre médaille, le fait que tu semblais bien connaître tout le monde et le château, ce qui s’était passé sur le terrain de Quidditch, toutes tes tentatives pour lui sauver la vie…, ta façon de voler, tes attitudes, ton comportement, ton… charisme… ! Tout me rappelait James… !

 

          - Charisme… ? répéta Harry en souriant.

 

          - Oui, bon, euh…ben oui quoi ! bafouilla-t-elle, les joues écarlates. Enfin, tu vois ce que je veux dire…, enfin, euh… ! »

 

         Cette fois, Harry éclata de rire.

 

         « Ne sois pas si embarrassée… ! Je vois ce que tu veux dire… ! Et bien oui, tu m’as démasquée… ! »

 

         Lily, toujours aussi gênée, eut un instant d’hésitation, jusqu’à ce que sa curiosité reprenne le dessus.

 

         «- Si ce n’est pas indiscret, comment et pourquoi es-tu là ?

 

          - C’était un accident…, en cours de Potions, ou plutôt en retenue… ! Mais, pour me ramener à mon époque, il faut trouver les ingrédients qui ont fait que je me suis retrouvé ici… ! » expliqua Harry.

 

         Lily acquiesça d’un signe de tête et un nouveau moment de silence s’installa.

 

         «- James est au courant… ?

 

          - Oui !

 

          - Depuis quand… ? insista Lily.

 

          - Depuis qu’on s’est fait prendre par Voldemort, il y a près de deux mois… ! Ce jour-là, j’ai perdu mon… apparence d’emprunt, sans trop savoir comment… ! Et j’ai bien été obligé de tout dire à James… ! »

 

         Tous deux restèrent, une fois de plus, silencieux.

 

         «- Et comment es-tu, en vrai… ?

 

          - Et bien, à quelques détail près, je ressemble beaucoup à James… ! »

 

         Lily haussa les sourcils mais ne dit rien, se contentant d’un distrait mouvement de tête.

 

         «- Tu étais à Gryffondor, à ton époque, non ?

 

          - Oui, en sixième année… ! »

 

         Lily hocha à nouveau la tête puis voulu dire quelque chose, mais se mordit les lèvres, semblant se raviser, avant de baisser les yeux, l’air mal à l’aise et troublée. Visiblement, quelque chose d’autre la préoccupait et Harry se doutait de ce que ça pouvait être.

 

         «- Il y a quelque chose d’autre qui te tracasse, hein ?

 

          - Ca se voit tant que ça ? s’étonna Lily en lui jetant un bref regard.

 

          - Oh oui… ! » rétorqua Harry en souriant légèrement.

 

         Lily baissa à nouveau les yeux, les joues écarlates. Elle soupira.

 

         «- Tu sais, j’aime vraiment James… ! Et je pense que c’est réciproque mais… !

 

          - Tu veux savoir qui est ma mère ? » la coupa Harry d’une voix indéfinissable.

 

         Elle rougie à nouveau, gênée qu’il voit si bien en elle et Harry sourit brièvement.

 

         « Tu veux voir à quoi je ressemble, exactement ? lança-t-il avec un sourire malicieux. Et tu auras la réponse à ta question par toi-même… ! »

 

         Lily leva les yeux vers lui.

 

         «- Vas-y… ! accepta-t-elle. Mais…euh, je la connais… ?

 

          - Oui… ! » répondit, simplement, l’adolescent.

 

         Il sourit et sortit un petit flacon de sa poche.

 

         « Avec James, on a trouvé un “antidote”, à la potion employée par Dumbledore pour me donner cette apparence, pour me rendre, temporairement mon véritable aspect … ! expliqua-t-il, avant de la boire.

 

         Lily observa, avec stupeur, les traits de l’adolescent changer et se retrouva, bouche-bée, à détailler le jeune homme qui se tenait devant elle.

 

         «- Oh mon Dieu… ! souffla-t-elle, en pâlissant alors que, les mains sur la bouche, elle rencontrait le regard du garçon.

 

          - En principe, j’ai des lunettes… ! expliqua-t-il. Mais l’une des principales différences qu’il y a entre James et moi, c’est la couleur de nos yeux… ! Moi, j’ai hérité de ceux de ma mère… ! ajouta-t-il, d’une voix légèrement tremblante, tout en soutenant le regard troublé de la jeune fille qui s’était, lentement, levée.

 

          - Mon… ? Tu es mon… ? Je suis ta… ! murmura-t-elle, sous le choc.

 

          - Je suis le fils unique de James et Lily Potter… ! » répondit, simplement, ce dernier.

 

         Lily resta silencieuse, se contentant de l’observer. Elle s’était refusée d’accepter cette possibilité (pour ne pas se faire de désillusions, dans le cas contraire) que ce fils de James soit aussi… le sien… ! Après tout, peu de fille pouvait dire que son petit-ami de collège serait son mari… ! Et maintenant qu’elle se trouvait devant le fait accomplit, elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle avait seulement refusée d’admettre l’évidence…, qu’elle avait sentie, dès le début, qu’il était (ou plutôt serait) une partie d’elle-même… ! Elle déglutit, fixant toujours Harry…, le parfait sosie de James, physiquement, mais avec des yeux vert émeraude qui reflétaient l’appréhension de l’adolescent. Elle eut un maigre sourire, les yeux brillants.

 

         « Je…je peux ? » demanda-t-elle, doucement, en s’avançant vers lui et en tendant une main tremblante vers lui.

 

         Il acquiesça d’un signe de tête et la laissa poser sa main sur sa joue.

 

         «- Tu ressembles tellement à James… ! souffla-t-elle. C’en est presque troublant… ! Mais tu n’es pas aussi tête brûlée que lui… !

 

          - Pas toujours… ! » répondit Harry, avec un petit sourire.

 

         Lily redessina, du bout des doigts, chaque trait de l’adolescent, y comprit sa cicatrice, profondément troublée.

 

         « Mon fils… ? Peu de gens de mon âge peuvent dire avoir rencontré leur fils… ! lâcha-t-elle. C’est tellement… étrange… ! »

 

         Sans trop vraiment se rendre compte de ce qu’elle faisait, et à l’étonnement du garçon, elle l’attira contre elle et le serra étroitement.

 

         «- Eh, il ne faut pas te mettre dans cet état ! s’exclama Harry, visiblement ému, constatant qu’elle sanglotait contre lui.

 

          - C’est…c’est plus fort que moi… ! lâcha-t-elle, entre deux sanglots. Quand j’ai sû que…que tu étais le fils de James…, j’ai eu peur… ! Peur qu’il puisse faire sa vie avec quelqu’un d’autre alors que… ! Enfin, je… ! s’interrompit-elle, embarrassée. Et pourtant, peu après t’avoir rencontré, j’ai sentie que…, je ne sais pas trop, que tu n’étais pas comme les autres…, que j’avais l’intime conviction de te connaître, que…tu serais, en quelque sorte, à moi… ! acheva-t-elle, mal à l’aise. Mon fils… ! souffla-t-elle, ayant encore du mal à y croire. Tu seras mon bébé… ! »

 

         Harry sourit, les yeux brillants, troublé, et ferma les yeux, profitant de cette occasion qu’il avait d’être dans les bras de sa mère. Au bout d’un moment, ils s’écartèrent, essuyant leurs larmes.

 

         «- Je… je dois te paraître ridicule ! commenta Lily en riant nerveusement.

 

            - Non, pas du tout… ! Je ne m’attendais pas à une telle réaction mais… ! »

 

         Harry s’interrompit.

 

         « Je ferai mieux de reprendre mon apparence d’emprunt… ! » observa-t-il.

 

         Lily acquiesça d’un bref signe de tête, alors que Harry reprenait sa couverture, sous le regard troublé de la jeune fille.

 

         « C’est tellement étrange ! lança-t-elle au bout d’un moment. Je veux dire…, j’ai dix-sept ans passés et je découvre que, durant plusieurs mois, j’ai côtoyée un fils que je n’ai techniquement pas encore eu et qui a le même âge que moi… ! »

 

         Harry eut un léger sourire et un petit moment de silence s’instaura.

 

         « On ferait bien de remonter au château… ! suggéra finalement Harry. Du moins, si tu n’as plus de questions à me poser ? »

 

         Lily secoua négativement la tête.

 

         « Je crois que ça suffira pour aujourd’hui… ! » concéda-t-elle avec un maigre sourire.

 

         Tous deux quittèrent donc la berge du lac et le silence s’installa à nouveau entre eux.

 

         «- Alors, c’était pour cela que tu étais aussi froide avec James, non ? demanda, au bout d’un moment, Harry alors qu’ils remontaient vers le château.

 

          - Tu crois que je l’ai été ? s’étonna-t-elle.

 

          - Je ne le crois pas…, j’en suis même sûr ! répliqua Harry, les mains dans les poches. Mais ça n’a pas échappé à James non plus… ! »

 

         La jeune fille lui jeta un regard mais resta silencieuse.

 

         « Je ne m’en étais même pas rendu compte… ! » murmura-t-elle, gênée.

 

         Harry sourit légèrement.

 

         «- En tout cas, si j’étais toi, je me dépêcherai de faire un gros coup…, pour le rassurer sur le fait que tu ne lui en veut pas… ! suggéra Harry.

 

          - Tu as sûrement raison… ! approuva-t-elle, songeuse, avant de se tourner vers lui. Merci, Harry… !

 

          - Oh, mais de rien… ! »

 

         Après un instant de silence, ils discutèrent de tout et de rien, jusqu’au tableau de la Grosse Dames.

 

         « A toi l’honneur, Lily ! » déclara Harry.

 

         Lily acquiesça en souriant et s’approcha du tableau. Elle allait dire le mot de passe mais se ravisa soudain, repensant à quelque chose, et se tourna vers Harry.

 

         «- Je suis présentable, au moins ? s’inquiéta-t-elle.

 

          - Mais oui, tu es très bien, ne t’en fait pas ! » assura Harry en riant légèrement.

 

         Lily, l’air visiblement rassurée, prononça le mot de passe et pénétra dans la Salle Commune, suivie par Harry.

 

         Les Maraudeurs se livraient toujours à la même occupation qu’à leur départ, mais Elsa et Amy n’étaient plus là tandis que James et Sirius avaient échangés leur place face à Remus, James observant, à présent, distraitement, la partie…, du moins jusqu’à ce qu’il soit assaillit par la jeune fille qui lui sauta au cou.

 

         «- Lily… ? s’exclama-t-il, pris au dépourvu.

 

          - Désolée si j’ai pû te paraître froide, voir distante… ! » lança-t-elle, en venant se blottir contre lui.

 

         James, interloqué, rencontra le regard de Harry qui esquissa, en réponse, un petit sourire énigmatique et haussa les épaules. James sourit à son tour et embrassa Lily sur le front, l’enlaçant étroitement. Mais, il sembla rapidement que Lily était d’humeur plus fantasque qu’à l’accoutumé car, contrairement à ses habitudes (n’étant pas trop du genre à prôner les grandes démonstrations amoureuses en public), elle passa ses bras autour de son cou, lui caressant la nuque au passage, et s’empara ardemment de ses lèvres.

 

         D’abord déboussolé, James ne tarda pas à répondre au baiser tout aussi passionnément, sous le regard ahuri de Remus, Sirius (qui avaient cessés leur partie), Peter et Harry qui les observaient, bouche-bées.

 

         «- Eh, oh, pas de film X, s’il vous plaît ! intervint Sirius. Il y a des âmes sensibles ici… !

 

          - Toi, une âme sensible… ? » ricana Remus.

 

       Malgré ses mots, le lycanthrope gardait, cependant, obstinément la tête baissée.

 

         « Eh, si vous voulez vous bécoter, ayez au moins la décence de prendre une chambre… ! Imaginez que des petits élèves innocents de première année arrivent…, vous pourriez les choquer, les pauvres ! » insista Sirius.

 

         Mais devant l’absence de réaction du couple, il soupira et détourna le regard… pour rencontrer celui de Harry qui s’agitait nerveusement, gêné.

 

         «- Tu crois que l’amour rend sourd ? commenta ce dernier.

 

          - On dirait bien… ! Mais je crois que j’ai une solution… ! ricana Sirius. Eh, voilà McGonagall… ! » hurla-t-il soudain.

 

         La réaction fut immédiate. Les deux Préfets-en-Chef se séparèrent aussitôt mais ils ne tardèrent pas à se rendre compte qu’ils s’étaient fait avoir par Sirius qui était mort de rire.

 

         « Tu es carrément cinglé, Sirius … ! » grommela James, tout en remettant ses lunettes correctement.

 

         Son ami se contenta d’esquisser un sourire triomphant, sous le regard amusé de Remus, Harry et Peter.

 

         « C’était le seul moyen de vous interrompre… ! » se défendit Sirius.

 

         Lily, les bras toujours passés autour du cou de son petit-ami, tira la langue à Sirius.

 

         «- Ce que vous pouvez être puérile, miss Evans… ! se moqua le concerné.

 

          - Ou tu devrais plutôt dire la future Mrs Potter ! » rectifia, malicieusement, Remus.

 

         Lily rougie et se serra un peu plus contre James. Finalement, prise par une idée subite, elle esquissa un sourire et murmura quelque chose à l’oreille de James qui eut un sursaut étonné, alors que Lily, toujours accrochée à son cou, lui soufflait autre chose, le faisant sourire.

 

         « Ok, tu as gagné ! » lâcha-t-il.

 

         Elle esquissa un sourire satisfait, sous le regard interloqué des trois autres et quitta les genoux de son petit-ami qui se leva à son tour et passa un bras autour de sa taille.

 

         « En fin de compte, Sirius, on va suivre ta proposition ! déclara, en esquissant un large sourire, James. Donc, si on nous demande, nous ne sommes…pas disponible… ! »

 

         Sur ce, sous le regard éberlué des autres, il entraîna Lily vers le portrait de la Grosse Dame.

 

         «- D’accoooooord !  soupira Sirius en se passant la main dans les cheveux. C’est une impression où j’ai raté un épisode ?

 

          - Harry, qu’est-ce que tu es allé lui dire pour la mettre dans cet état ? s’étonna Remus. Je veux dire, il y a moins d’une heure, c’était à peine si elle lui adressait la parole et voilà que maintenant… !

 

          - Ah ça…, c’est un truc…entre elle et moi ! » répondit, énigmatiquement, Harry.

 

         Mais tout était trop beau pour durer…, comme Harry en eut la confirmation une semaine plus tard…

 

* * * * *

 

         Une salle de conférence bondée de représentants du Ministère de la Magie et de journalistes qui bombardent l’assistance de photos. Sur l’estrade, Alexander Rétin, le Ministre de la magie prononçait un quelconque discours. Aux premiers rangs, les diplomates du Ministère et des Ambassades de Grande-Bretagne écoutaient avec attention les propos du Ministre, sous la surveillance attentive de quelques Aurors, vêtus de leur robe pourpre disséminés dans la salle, alors que le reste de l’assistance était principalement constitué de quelques représentants des divers bureaux et des associations qui constituaient le Ministère de le Magie.

 

         Des cris s’élevèrent alors en dehors de la salle, interrompant le discours du Ministre et provoquant l’effervescence dans la salle, alors que quelques Aurors se rassemblaient aussitôt autour des grandes personnalités présentes en ces lieux, alors que d’autres se précipitaient vers l’entrée principale dont la porte s’ouvrit à la volée, balayée par une violente explosion qui arracha des hurlements dans la foules des sorciers et sorcières de la pièce, alors que la même chose se produisaient aux sorties secondaires…tandis que des silhouettes sombres émergeaient de la fumée noire qui résultait des diverses explosions et s’immobilisaient sur le seuil des accès à la pièce, baguette à la main.

 

         Un rire glacial s’éleva.

 

         « Tuez-les ! » intima, froidement, Voldemort.

 

         D’une même voix, ses partisans obtempérèrent, sans laisser le temps aux sorciers, sous le choc, et encore moins aux Aurors, de réagirent et la salle explosa.

 

* * * * *

 

         « AAAAAAAHHHHHHHHHH ! »

 

         Les Maraudeurs se réveillèrent en sursaut, plus ou moins brutalement. James, plus par réflexe qu’autre chose, s’empara de ses lunettes d’une main en rejetant vivement ses draps et en sortant de son lit en catastrophe, un bruit sourd et un juron lui indiquant que, Sirius, lui, en était tombé de son lit, et que Remus traversait déjà le dortoir, jusqu’au lit de Harry qui, les mains crispées sur le front, était la cause de ce désordre.

 

         « Réveille-toi, Harry, tu fais un cauchemar… ! » répétait, inlassablement, Remus, lorsque James le rejoignit, bientôt rejoint par un Sirius mal luné et un Peter empêtré dans ses draps.

 

         Harry ouvrit brutalement les yeux, écarquillés d’effroi et paniqua en apercevant les Maraudeurs penchés au dessus de lui.

 

         «- Harry, calme-toi, ce n’est que nous ! lança, Remus, d’une voix apaisante. Calme-toi, ce n’était qu’un cauchemar… !

 

          - En tout cas, ça devait être un sacré cauchemar pour le mettre dans cet état… ! grommela Sirius. Ca ne devait pas être beau à voir… !

 

          - On devrait aller prévenir quelqu’un, non ? suggéra Peter.

 

          - Pas la peine… ! cingla, brutalement, Harry d’une voix incertaine. Ca va passer… ! C’est rien… ! »

 

         Les Maraudeurs échangèrent un regard sceptique, visiblement guère convaincu.

 

         «- Tu es sûr, Harry ? insista Remus. On pourrait prévenir Pomfresh et elle te donnerait une de ses Potions de Sommeil… ! Au moins pour cette nuit… !

 

          - Pas la peine… ! Ca va passer… ! » assura l’intéressé qui, avait enlevé une de ses mains de son front et dont le regard passait, plus calmement, de l’un à l’autre des quatre adolescents qui l’entouraient, chacun affichant une expression différente.

 

         Remus semblait soucieux, Sirius, simplement intrigué et Peter, quand à lui, paraissait complètement largué, alors que James fronçait les sourcils, fixant Harry avec insistance. Il savait très bien que chaque fois que Harry avait eu mal, du fait de sa cicatrice, Voldemort se manifestait… La première fois, chez lui pendant les vacances d’été…, et le lendemain la gazette annonçait la mort de centaines de Moldus…, quand ils avaient été enlevés par Voldemort…, à peine cinq minutes plus tard, le Mage noir leur faisait face…, etc…

 

         James était prêt à parier que, demain, les journaux titreraient une nouvelle tuerie. Et la lueur angoissée qui persistait dans les yeux de Harry ne lui disait rien qui vaille. Cependant, les Maraudeurs, éreintés, se laissèrent finalement convaincre par Harry alors que celui-ci continuait à assurer que c’était passé et que ce n’était rien et qu’il était désolé de les avoir réveillé, et Peter, puis Sirius et enfin Remus regagnèrent leur lit respectif, James s’attardant un bref instant près de Harry.

 

         « Ca ira, je t’assure… ! » répéta, pour la énième fois, ce dernier.

 

         James haussa un sourcil, voulu dire quelque chose, se ravisa et tourna les talons.

 

         « Essaie quand même de te rendormir ! » lâcha-t-il.

 

* * * * *

 

         Ce matin-là, les septième années de Gryffondor furent parmi les premiers à gagner la Grande Salle quasiment déserte, où seulement quelques élèves de Serdaigle et deux Poufsouffle se trouvaient. Si, pour trois des Maraudeurs, l’incident de la veille au soir était considéré comme clos, James, lui, attendait l’arrivée du courrier, avec appréhension.

 

         « Vous ne trouvez pas ça étrange vous, qu’il n’y ait pas encore un seul professeur ? » s’étonna Elsa, au bout d’un moment, alors que la salle se remplissait, petit à petit.

 

         Au même instant, la porte s’ouvrit sur un groupe de professeurs…, le visage grave. Le professeur McGonagall s’écarta de ses collègues qui rejoignaient leur table et s’avança vers les Gryffondor, l’air sombre.

 

         « Bonjour, professeur ! » lancèrent en chœur les quelques élèves de ladite maison, sur son passage.

 

         L’adulte leur répondit évasivement et s’arrêta, l’air sombre, à hauteur des élèves de septième année.

 

         « Mr Potter et Miss Evans, le directeur voudraient vous voir, au plus vite, à son bureau… ! annonça-t-elle. Et Messieurs Black et Pettigrow, veuillez me suivre ! »

 

         Sous le regard interloqué des autres élèves et celui, inexpressif, de Harry, les intéressés se levèrent et suivirent leur responsable.

 

* * * * *

 

         Le courrier arriva un quart d’heure plus tard dans la Grande Salle quasiment aussi peuplée que de coutume…, en dehors du fait que les quatre directeurs de maison étaient absents, ainsi que quelques élèves de Poufsouffle, Serdaigle, et Gryffondor, mais aussi, pour une fois, quelques Serpentard.

 

         «- On dirait qu’il y a eu une attaque hier soir… ! observa, sombrement, Amy.

 

          - Mais alors…, ça voudrait dire que Sirius et Peter ont eut des décès dans leur famille dans ce cas…, s’ils ont été convoqués par McGonagall… ! commenta Elsa, en jouant, négligemment, avec sa nourriture.

 

          - Ils ont peut-être simplement fait une autre bêtise… ! répliqua Amy.

 

          - De toute façon, on ne va pas tarder à le savoir… ! » la coupa Remus, en désignant le plafond, alors que les hiboux postaux surgissaient dans la pièce.

 

         Et, effectivement, il n’eut guère besoin d’ouvrir son exemplaire de la Gazette du Sorcier pour en obtenir une réponse car la une du journal titrait “Carnage à l’annexe du Ministère”, suivit d’une photo représentant un immense champ de ruines encore fumantes autour desquelles se massaient des sorciers vêtus de blancs, des Médicomages, et des Aurors qui s’efforçaient de tenir les badauds à distance.

 

         Remus lut rapidement l’article qui accompagnait la photo.

 

         Une nouvelle hécatombe est à ajouter à l’actif de Celui- Dont- On- Ne- Doit- Pas- Prononcer- Le- Nom, après l’attaque qui a été menée, dans la soirée d’hier, par ses partisans, sur l’annexe du Ministère de la Magie qui se trouvait à Cambridge, où avait lieu, une conférence à visée internationale. D’après les premières estimations, il n’y aurait aucun survivant, mais les pertes humaines s’élèveraient, visiblement, à près quatre cent vingt personnes…, à commencer par le Ministre de la Magie lui-même, Alexander Rétin, qui se trouvait sur les lieux ce soir-là.

 

         Un silence pesant suivit cette lecture, alors que Remus feuilletait distraitement le journal, jusqu’aux pages de l’article associé à la une du journal.

 

 

* * * * *

 

         Dans le bureau directorial, l’ambiance n’était pas plus au beau fixe. En effet, après leur avoir annoncé l’attaque de la veille et transmis quelques consignes (récurrentes aux situations similaires) à faire appliquer aux Gryffondor aux deux Préfets-en-Chef, Dumbledore, l’air grave, se tourna vers James.

 

         « Mais, je suis aussi au regret de t’annoncer, James, que…ta mère, tout comme Casiopée Black et Andrew Pettigrow, faisait partit des victimes ! »

 

         Lily fixa, les yeux brillants, avec inquiétude son petit-ami qui avait brusquement pâlit.

 

         « Non… ! Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas possible ! NON ! » murmura-t-il d’une voix éteinte, serrant instinctivement, un peu plus, la main de la jeune fille dans la sienne tout en fixant le directeur qui leur faisait face.

 

         Le regard du vieux sorcier s’était, lui aussi, assombrit.

 

         « Je suis désolé James ! Mais c’est la stricte vérité… ! »

 

         Lily ne quittait pas des yeux le Maraudeur qui était à présent blafard.

 

         « C’est impossible ! répéta l’adolescent. Ma mère ne peut pas avoir été… ! »

 

         Sa voix s’étrangla. Visiblement, il accusait durement la nouvelle et Lily le comprenait parfaitement, sachant parfaitement à quel point il était attaché à sa mère.

 

         «- Si, James… ! le coupa, calmement, Dumbledore.

 

          - Pourquoi… ? demanda, brutalement, l’adolescent. Mon père, je peux le comprendre mais… pourquoi ma mère ? »

 

         Dumbledore baissa momentanément les yeux et Lily fut prise d’un mauvais pressentiment. Ca ne ressemblait vraiment pas au vieux sorcier.

 

         «- Professeur… ! insista James.

 

          - En tuant ta mère, James, Voldemort nous a fait clairement comprendre que, désormais, c’est après le dernier héritier de Gryffondor qu’il en a… ! Ton père ayant été tué, ce statut te revient… ! Mais Voldemort semble déterminé à faire souffrir, non seulement moralement mais physiquement cet héritier…, en commençant par tuer ses proches et tous ceux qui comptent pour lui… ! »

 

         Lily vit avec appréhension l’expression de l’adolescent se décomposer, une fraction de seconde, avant qu’il ne se lève d’un bond et quitte soudainement la pièce.

 

         « JAMES ! » cria-t-elle en se ruant à sa suite.

 

         Mais étant plus rapide qu’elle, il finit par la semer, sitôt qu’il eut regagné le couloir. Néanmoins, elle le connaissait assez bien pour savoir où elle le retrouverait…, dans leur endroit secret… !

 

         Et effectivement, elle l’aperçue dès qu’elle eut franchit le seuil de la pièce qui n’appartenait pratiquement qu’à eux.

 

         « James… ! » lança-t-elle d’une voix incertaine, alors qu’il était immobile au milieu de la pièce, dos à la porte.

 

         Il resta silencieux, mais, depuis l’endroit où elle se trouvait, la jeune fille percevait sa tension. Visiblement, il faisait des efforts pour rester inébranlable…, en vain…

 

         « James… ! » insista-t-elle, hésitant sur la marche à suivre.

 

         Après un autre moment durant lequel il conserva son mutisme, il se décida à prendre la parole, d’une voix brisée.

 

         « Il l’a tué, Lily… ! Il a tué ma mère ! » souffla-t-il, les poings serrés à un tel point qu’il en saignait.

 

Et elle le vit tomber à genoux et il commença à frapper le sol de toutes ses forces. Il hurlait de douleur. Lily n’hésita pas une seconde et s’agenouilla à ses côtés, l’étreignant étroitement. Il leva des yeux brillants des larmes qu’il s’efforçait de contenir vers elle.

 

« Je comprends ce que tu peux ressentir, James ! Je le comprends parfaitement, tu sais ! » murmura-t-elle.

 

         Il se laissa brutalement aller contre elle, venant enfouir son visage au creux de son cou.

 

         « James, ne cherche pas à refouler tes larmes ! souffla-t-elle, la gorge serrée, en passant la main dans ses cheveux. Nous ne sommes que tous les deux et tu n’as aucune honte à avoir de pleurer…, encore moins dans un moment pareil… ! »

 

         Ses paroles mirent fin aux dernières tentatives de l’adolescent pour rester le plus impassible possible. Il laissa libre cours à ses pleurs, enlaçant étroitement sa petite-amie, se retenant à elle comme si sa vie en dépendait. Lily sentait qu’il aurait, plus que jamais, besoin d’elle…, comme Elizabeth le lui avait dit, sur la Voie 9 ¾…

 

         «- Je l’aimais tellement, Lily… ! souffla-t-il, entre deux sanglots, en s’agrippant à elle plus que jamais. Et il l’a tué… ! Il l’a tué… ! répéta-t-il, la voix brisée.

 

          - Je sais… ! murmura-t-elle. Comme il a fait tuer mes parents… ! ajouta-t-elle en passant une main dans ses cheveux en bataille, et en se relevant, l’obligeant ainsi à se remettre debout par la même occasion. Viens… ! »

 

         Il se laissa entraîner sans discuter jusqu’à la chambre et elle le fit s’asseoir sur le lit. Là, il vint enfouir son visage au creux du cou de la jeune fille qui l’entoura de ses bras.

 

 

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